Je ne résiste pas au plaisir d’évoquer l’article de Michel Mulot, conservateur honoraire des bibliothèques, Archivistes, documentalistes, bibliothécaires : Compétences et intérêts communs, paru dans le Bulletin des Bibliothèques de France, 2005, n°5, p9-12. Dans ce texte, présenté dans le cadre des Journées d’études interprofessionnelles des 28 et 29 janvier 2005 à la Bnf, Michel Mulot appelle avec force au rapprochement des trois professions.
Ces « métiers voisins, dont les compétences et les missions, et par conséquent les intérêts, se recoupent largement » ont toujours été mouvants et « pourraient bien être appelés à se rejoindre, voire à se confondre à nouveau. »
Il évoque trois enjeux politiques majeurs auxquels nos professions peuvent répondre ;
- Préserver une diversité culturelle dans un monde où les pouvoirs économiques se concentrent de plus en plus ; « La déontologie du documentaliste l’oblige à faire cas de toutes les opinions, à rassembler tous les documents, y compris ceux dont il ne partage pas la cause. »
- Conserver les traces du passé et les transmettre dans un contexte où les l’informations sont en permanence renouvelées, éphémères et immédiates ; « Nous serons bientôt les seuls, […], à compenser cette fuite en avant par un salutaire regard rétrospectif, par une mise en contexte».
- Maîtriser les métadonnées, métanlangages et donc un métasavoir. Nos professions constituent selon Michel Mulot « une nouvelle espèce d’experts qui doivent gérer les modes d’accès au savoir ».
Voilà donc de quoi rassurer les plus pessimistes !


